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QUAND LES CHAMPIGNONS ATTAQUENT LES POUMONS (2)

QUAND LES CHAMPIGNONS ATTAQUENT LES POUMONS (2)

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Une affection des voies respiratoires profondes : l’asthme équin

Anciennement appelé emphysème du cheval ou RAO (obstruction récurrente des voies aériennes) ou encore « pousse », cette affection respiratoire correspond aujourd’hui au terme actuel et officiel « d’asthme équin sévère ». Cette affection est plus fréquente dans l’hémisphère Nord (Europe, Amérique du Nord) où les chevaux sont gardés à l’intérieur et alimentés avec du foin tandis qu’elle est rare dans les régions ou le climat est chaud et sec.

Décrite sous le nom de pousse, ou coup de vent, ou courte-haleine dès 1863 par le vétérinaire français Henri BOULEY, professeur de clinique vétérinaire à l'École nationale vétérinaire d’Alfort, l’asthme équin est une maladie inflammatoire environnementale caractérisée par un rétrécissement réversible des bronches avec alternance de crises et de périodes de rémission, comme l’asthme humain. Il est une des affections pulmonaires les plus fréquemment diagnostiquées chez les chevaux des régions tempérées et une cause majeure de toux et d’intolérance à l’effort. Inscrite dans la liste des vices rédhibitoires du cheval, cette maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires profondes chez les équins adultes est d’origine multifactorielle avec plusieurs facteurs déclencheurs potentiels. La sensibilité individuelle et les facteurs environnementaux ont une importance prépondérante.

Sa cause exacte et ses mécanismes restent imparfaitement compris. La maladie résulte d’une interaction entre l’environnement, une prédisposition individuelle et une réaction inflammatoire complexe. En effet de nombreuses cellules immunitaires interviennent : neutrophiles, lymphocytes, macrophages, mastocytes et plusieurs facteurs sont impliqués : poussières, moisissures, bactéries, virus, allergènes environnementaux.

Elle est provoquée par l’inhalation répétée des poussières organiques de l’écurie, surtout le foin moisi, la paille, les moisissures, les poussières de fourrage et se caractérise par :

- une obstruction réversible des voies respiratoires,
- un bronchospasme,
- une accumulation de mucus,
- un remodelage des voies respiratoires,
- une inflammation pulmonaire importante à neutrophiles,
- une hyperréactivité bronchique.

La maladie évolue par phases de rémission alternant avec des crises de détresse respiratoire récurrentes. Les symptômes s’améliorent avec la diminution des poussières et un traitement spécifique que nous verrons plus bas. Le facteur de risque principal est l’environnement de l’écurie colporteur de poussières, de moisissures, d’endotoxines, d’ammoniac, d’acariens et de mauvaise ventilation.

Ce sont les chevaux vivant en box qui sont les plus exposés.

L’hypothèse immunologique est que les moisissures du foin pourraient déclencher une réaction allergique similaire à l’asthme humain. L‘hypersensibilité de type I chez l’humain, communément appelée allergie survient dans les minutes qui suivent la rencontre avec l’antigène et dépend de l’activation des cellules immunitaires mastocytes. Cependant chez les chevaux un délai de plusieurs heures voire jours d’exposition aux poussières en stabulation est généralement nécessaire au développement de l’obstruction

L’autre hypothèse est une inflammation non spécifique due aux poussières. Les poussières d’écurie contiennent des acariens, des moisissures, des endotoxines bactériennes, des gaz irritants, des particules minérales qui provoquent une inflammation chronique des voies respiratoires. Il y a probablement une association synergique qui joue un rôle important entre les moisissures (Aspergillus fumigatus notamment), les endotoxines, l’ammoniac et autres gaz (de sulfure d’hydrogène, de méthane ou encore de dioxyde de carbone) qui se combinent pour exacerber l’obstruction des voies respiratoires chez les chevaux atteints d’hyperréactivité bronchique non spécifique.

L’âge et une prédisposition génétique jouent un rôle, certaines lignées sont plus touchées, notamment chez les poulains nés de deux parents atteints. Plusieurs gènes seraient impliqués et l’interaction gènes/environnement joue un rôle épigénétique majeur. Des anomalies ont été identifiées, liées au récepteur de l'interleukine 4 impliqué dans les allergies qui explique que l’asthme allergique est très souvent associé à d’autres hypersensibilités équines comme la dermite estivale.

En définitive l’asthme équin est une maladie respiratoire inflammatoire chronique multifactorielle, fortement liée à l’environnement poussiéreux des écuries et à une prédisposition individuelle ou génétique. Les moisissures, endotoxines et autres particules inhalées jouent un rôle majeur dans l’inflammation et l’obstruction des voies respiratoires.

Bien que sa causalité et son processus soient encore mal élucidées, la médecine vétérinaire distingue aujourd’hui trois formes :

-  l’asthme équin léger à modéré (correspondant à la maladie inflammatoire des petites voies respiratoires - IAD) associé à une toux occasionnelle, une baisse de performance, du mucus dans la trachée et une respiration normale au repos. Cette atteinte respiratoire inflammatoire se retrouve souvent chez les jeunes chevaux de sport, elle correspond à un dérèglement de l’homéostasie des cellules inflammatoires de la lumière des voies respiratoires profondes. 

-  l’asthme équin sévère (obstruction récurrente des voies respiratoires – RAO) qui présente des difficultés respiratoires au repos, une respiration abdominale marquée et une intolérance majeure à l’effort et se caractérise par une inflammation chronique ainsi qu’un remodelage des voies respiratoires. Les chevaux atteints de RAO présentent aussi souvent une hypersensibilité aux piqûres d’insectes. 

- une troisième variante est appelée Maladie pulmonaire obstructive associée au pâturage d’été (SPAOPD) dont les conditions d’apparition sont typiquement en été chez les chevaux adultes vivant à l’extérieur. Les signes cliniques sont identiques à l’asthme équin sévère. Les chevaux atteints présentent une hyperréactivité des voies respiratoires, résultant de la persistance d’un état inflammatoire associé à un dysfonctionnement de la réponse sensitive à un large panel de facteurs déclenchant, spécifiques (moisissures, pollens) ou non (air sec, exercice, agents irritants). Les signes cliniques sont exacerbés lors de temps chaud et sec et/ou suite à l’exposition aux poussières de champs voisins pendant la moisson. Certains chevaux souffrent à la fois de SPAOPD et de RAO à cause de cette hyperréactivité bronchique non spécifique prolongée.

Le pronostique de l’asthme équin se fait via le test d’atropine en injection. La fonction respiratoire doit s’améliorer dans les quinze minutes suivant l’injection ou lorsque la fréquence cardiaque a atteint le double de sa valeur normale. Si le cheval ne répond pas favorablement à ce test, le pronostic est alors réservé.

Les principaux signes cliniques sont des accès de toux, liés ou non à l’exercice, une difficulté respiratoire voire des sifflements respiratoires surtout à l’expiration, une respiration forcée, la dilatation des naseaux, le jetage muco-purulent, l’intolérance à l’effort avec un délai de récupération prolongé après l’effort, l’amaigrissement et parfois une « ligne de pousse » correspondant à l’hypertrophie des muscles abdominaux obliques externes.

Les symptômes empirent après un effort ou un repas de fourrage mais s’améliorent au pré. Dans les cas sévères, c’est l’apparition de la respiration paradoxale, d’une détresse respiratoire et des complications bactériennes secondaires sont possibles.

L’intolérance à l’exercice est souvent un des premiers signes. L’obstruction respiratoire diminue progressivement les échanges gazeux, provoquant une baisse des performances, un faible taux d'oxygène dans le sang et une accumulation excessive de gaz carbonique dans le sang pendant l’effort.

 III. MÉCANISMES DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA PROGRESSION DE L'ASTHME ÉQUIN

Dans la physiologie mécanique respiratoire du cheval, l’inspiration, une dynamique active, utilise différents muscles dont le principal est le diaphragme. L’énergie élastique emmagasinée dans le poumon et le thorax étirés lors de l’inspiration s’associe à l’action des muscles abdominaux et intercostaux pour provoquer l’expire, même au repos. Des efforts expiratoires répétés conduisent à l’hypertrophie de ces muscles, dessinant la fameuse « ligne de pousse », observable dans certains cas avancés d’asthme. L’obstruction des voies aériennes augmente la variation de pression intra pleurale car la résistance au passage de l’air est plus grande, donc les efforts à chaque respiration sont plus importants. Le diamètre des voies respiratoires est affecté par des facteurs à la fois actifs et passifs. En effet le diamètre de la trachée, des bronches et des bronchioles change passivement au cours du cycle respiratoire activement régulé par la contraction des muscles lisses via le système nerveux autonome. Les particules irritantes telles que la poussière, les gaz polluants et les médiateurs de l’inflammation stimulent les récepteurs sensitifs de la muqueuse respiratoire, ce qui amène à la suractivation du système nerveux autonome parasympathique donnant naissance au bronchospasme et à l’augmentation de la sécrétion de mucus.

Chez un cheval présentant une inflammation respiratoire, les secrétions mucoïdes, les exsudats et l’épaississement de la muqueuse, conséquents à l’inflammation, contribuent au rétrécissement de la lumière pulmonaire et provoquent la bronchoconstriction.

Les sifflements caractéristiques de l’asthme équin ont tendance à apparaître en fin d’expiration car, à ce point du cycle respiratoire, les voies aériennes sont rétrécies, de sorte que les obstructions par du mucus ou un bronchospasme sont accentuées. Le flux d’air devient alors turbulent et des sifflements sont entendus.

La sensibilité bronchique

Il existe trois types de récepteurs possédant des fibres vagales qui ont été identifiés dans le poumon : les récepteurs à adaptation lente, les récepteurs à action rapide, et les terminaisons des fibres C. Le rôle de tous ces récepteurs consiste principalement en la détection de stimuli potentiellement délétères pour la fonction pulmonaire. Ils initient la réponse protectrice. Ils ont donc un rôle potentiel dans la physiopathologie de l’asthme équin sévère.

Les récepteurs à adaptation lente induisent une diminution de la fréquence respiratoire par augmentation du temps expiratoire, une bronchodilatation et une tachycardie dans le but d’ajuster le taux et la profondeur de la respiration pour minimiser le travail des muscles respiratoires.

Les récepteurs à adaptation rapide (RAR) constituent des terminaisons de fibres sensibles aux irritants, localisées dans le larynx, la trachée, les grosses bronches et les voies respiratoires intrathoraciques. Ils sont stimulés par la déformation mécanique des voies respiratoires rencontrée en cas d’inflammation pulmonaire, de bronchoconstriction et d’irritation mécanique. Les gaz irritants, les poussières et le relargage d’histamine peuvent également activer ces récepteurs. Leur stimulation provoque de la toux, une bronchoconstriction, la sécrétion de mucus et une respiration superficielle (hyperpnée), tous ces mécanismes contribuant à la protection contre l’entrée de matériaux irritants dans les voies respiratoires profondes.

Les fibres C forment un plexus dense dans le tissu conjonctif de soutien autour des vaisseaux et des bronches (l’interstitium pulmonaire) et contrôlent la composition sanguine ainsi que le degré de distension de l’interstitium. On en trouve aussi dans la paroi des voies respiratoires. L’activation des fibres C pourrait être responsable de la tachypnée, de l’apnée, des secrétions mucoïdes, du bronchospasme et de la toux qui accompagnent les maladies pulmonaires allergiques, infectieuses ou vasculaires.

Parfois, leur sensibilité est tellement amplifiée que les fibres C sont activées lors de respiration normale et favorisent la chronicité de l’hypersensibilité observées dans l’asthme équin.

L’hyperréactivité bronchique

L’hyperréactivité bronchique correspond à une sensibilité excessive des bronches : elles se contractent de manière exagérée face à des stimuli parfois modérés tels que la poussière, l’effort, l’air froid ou certains allergènes. Cette réaction provoque un bronchospasme, c’est-à-dire une contraction des muscles lisses bronchiques entraînant une diminution du diamètre des voies respiratoires.

Elle est fréquemment observée chez les chevaux atteints d’asthme équin, mais également lors de certaines infections respiratoires virales, notamment la grippe équine.

Plusieurs mécanismes participent à cette hyperréactivité. L’inflammation chronique entraîne une augmentation du volume de l’épithélium respiratoire et des cellules à mucus, provoquant un épaississement de la paroi bronchique et un rétrécissement accru de la lumière des voies aériennes. Les médiateurs inflammatoires favorisent également la libération d’acétylcholine, principal neurotransmetteur responsable de la bronchoconstriction.

D’autres mécanismes contribuent au maintien du bronchospasme :

  • Une diminution de la production de prostaglandine E2, qui réduit normalement la bronchoconstriction ;
  • Une altération de certains neurones inhibiteurs non adrénergiques non cholinergiques (NANC), transmettant les instructions du système nerveux central aux organes, aux muscles et aux glandes, impliqués dans la relaxation bronchique ;
  • Une baisse d’activité des bêta-adrenorécepteurs responsables de la bronchodilatation.

Chez les chevaux atteints d’asthme équin sévère, cette hyperréactivité bronchique peut persister même après amélioration de l’environnement et la réduction de l’exposition à la poussière.

Détaillons maintenant les mécanismes biologiques et cellulaires qui conduisent à l'obstruction des voies respiratoires profondes lors de l’asthme équin.

L’obstruction chronique des voies respiratoires

L’asthme équin est une maladie inflammatoire chronique complexe dans laquelle l’inflammation neutrophilique des voies respiratoires provoque une obstruction pulmonaire à la fois mécanique (mucus, remodelage) et fonctionnelle (bronchospasme). Cette obstruction résulte principalement de quatre processus : l’inflammation pulmonaire, le bronchospasme, l’accumulation de mucus et le remodelage des voies respiratoires qu’il faut comprendre pour adapter les traitements et la gestion environnementale du cheval.

1. Le rôle central de l’inflammation pulmonaire et ses conséquences sur la ventilation pulmonaire

L’inflammation pulmonaire constitue le mécanisme central de la maladie. Elle participe directement au bronchospasme, à l’hypersécrétion de mucus et au remodelage des tissus bronchiques.

Tout commence avec le déclenchement de la neutrophilie pulmonaire, une accumulation massive de neutrophiles (globules blancs) dans les voies respiratoires qui survient dans les 6 heures suivant une exposition à du foin moisi par exemple.

Cette réaction inflammatoire est orchestrée par diverses cellules pulmonaires produisant notamment l’interleukine-8 (IL-8), puissante cytokine de recrutement des neutrophiles. Une fois activés, les neutrophiles libèrent des radicaux libres, des protéases et différents médiateurs lipidiques qui entretiennent l’inflammation et endommagent les tissus pulmonaires.

L’inflammation sensibilise également les muscles lisses bronchiques et favorise ainsi l’hyperréactivité bronchique.

Les lymphocytes jouent aussi un rôle majeur dans cette réponse immunitaire. Selon les profils inflammatoires observés (Th1, Th2 ou mixtes), ils participent au recrutement et à l’activation des neutrophiles via la production de cytokines pro-inflammatoires, amplifiant ainsi la réponse inflammatoire pulmonaire.

D’autres cellules interviennent également :

  • Les mastocytes, dont la dégranulation libère de l’histamine favorisant le bronchospasme et la sécrétion de mucus ;
  • Les macrophages, qui libèrent des substances pro-inflammatoires et des chemo-attracteurs pour les neutrophiles ;
  • Les cellules épithéliales et musculaires bronchiques, qui ne restent pas passives mais modulent l'inflammation et participent au remodelage tissulaire du poumon.

L’inflammation des voies respiratoires profondes perturbe également la ventilation pulmonaire et les échanges gazeux.

En effet, la respiration demande de l’énergie aussi l’idéal biologique visé par l’organisme est d’apporter le volume d’air juste suffisant aux alvéoles correctement perfusées de sang. Le contrôle général de la ventilation pulmonaire et sa régulation passe par de nombreux chémorécepteurs qui contrôlent les teneurs sanguines en oxygène, dioxyde de carbone et hydrogène dans l’organisme. Tout se joue entre la ventilation alvéolaire et son ajustement avec la perfusion pulmonaire. Dans les alvéoles pulmonaires, il faut que l’air et le sang se retrouvent en quantités appropriées afin que les échanges gazeux aient lieu correctement : c’est l’ajustement de la ventilation et du flux sanguin.

La ventilation alvéolaire est régulée pour rester en concordance avec la demande d’échanges gazeux, dont l’expulsion du dioxyde de carbone. À l’exercice, quand la production de dioxyde de carbone et la consommation d’oxygène augmentent, la ventilation alvéolaire se doit d’augmenter en conséquence. Lorsque la ventilation devient insuffisante — on parle d’hypoventilation — l’élimination du dioxyde de carbone diminue et la pression partielle artérielle en CO₂ augmente.

L’ajustement optimisé de la ventilation et de la perfusion se fait via deux mécanismes intrinsèques au poumon des mammifères :

- La vasoconstriction pulmonaire hypoxique, qui détourne le sang des zones mal ventilées vers les régions mieux aérées. Ce mécanisme, plus fort chez les poneys, semble neutralisé par les maladies inflammatoires pulmonaires ;

 - La bronchodilatation hypercapnique, qui augmente localement la ventilation lorsque le CO₂ s’accumule.

Chez les chevaux asthmatiques, ces mécanismes sont perturbés par l’inflammation chronique et le bronchospasme. Les poumons enflammés présentent alors une ventilation hétérogène due à l’obstruction des voies respiratoires et à leur faible capacité à modifier le volume de certaines régions. Cette altération provoque des échanges gazeux moins efficaces, dont l’insuffisance est généralement corrélée à la sévérité clinique de la maladie.

Les chevaux atteints présentent fréquemment :

  • Une baisse légère du taux d'oxygène dans le sang (hypoxémie) ;
  • Une hyperventilation compensatrice, parfois visible même au repos ;
  • Plus rarement une augmentation importante du CO₂ sanguin.

2. Le bronchospasme

C'est la cause principale de l'obstruction, surtout dans les voies respiratoires larges. Il résulte principalement d’une stimulation excessive des récepteurs muscariniques par l’acétylcholine, sous contrôle du système parasympathique. L'inflammation qui en résulte inactive l'oxyde nitrique, empêchant la relaxation normale des muscles lisses. Ce phénomène est réversible par l’usage de molécules bronchodilatatrices comme l’atropine ou l’usage de plantes aux propriétés bronchodilatatrices.

3. L’accumulation de mucus

L’accumulation de mucus est une caractéristique constante de l’asthme équin. Elle est étroitement associée à l’inflammation neutrophilique des voies respiratoires et s’accompagne fréquemment de toux. Le mucus devient plus visqueux et plus difficile à évacuer, favorisant l’obstruction des voies aériennes. Même en période de rémission clinique, notamment chez les chevaux vivant au pré, cette accumulation peut persister et expliquer certains déficits respiratoires résiduels. Comme le bronchospasme, l’hypersécrétion de mucus représente un mécanisme majeur de l’obstruction pulmonaire.

4. Le remodelage des voies respiratoires

Les épisodes inflammatoires et cicatriciels répétés entraînent progressivement des modifications structurelles durables des bronches, regroupées sous le terme de remodelage. Ces modifications comprennent :

  • Une augmentation des muscles lisses ;
  • Une fibrose péri-bronchiolaire ;
  • Une prolifération des cellules épithéliales ;
  • Une augmentation de la vascularisation locale.

L’ensemble de ces changements réduit progressivement le diamètre des voies aériennes et altère durablement la fonction respiratoire.

La respiration normale du cheval comporte une inspiration et une expiration en deux phases (passive puis active). Chez les chevaux atteints de détresse respiratoire comme l’asthme sévère équin, cette organisation de l’expiration biphasique disparaît progressivement, ce qui contribue à la limitation du flux d’air.

On observe également une augmentation des efforts abdominaux en début d’expiration. Le faible taux d'oxygène et l’excès de CO2 dans le sang stimulent le diaphragme et les muscles expiratoires ainsi que certains récepteurs sensibles à l’obstruction des voies respiratoires ou à l’hyperinflation thoracique.

Cependant, malgré ces efforts accrus, la contribution de l’abdomen au volume respiratoire est diminuée, comme dans l’emphysème humain. Dans certains cas, elle peut même disparaître, entraînant une respiration paradoxale : les mouvements abdominaux sont alors désynchronisés, avec une contraction survenant pendant l’inspiration. Cette anomalie résulte principalement de l’obstruction expiratoire, de l’hyperinflation pulmonaire et de la fatigue musculaire respiratoire. 

L’hyperinflation semble à la fois augmenter l’activation des muscles respiratoires tout en réduisant leur efficacité mécanique.

 IV. RÉSISTANCES AUX ANTIFONGIQUES : UN ENJEU ÉMERGENT

Les chevaux sont fortement exposés aux champignons présents dans leur environnement, surtout dans le foin, la paille et les poussières d’écurie. Les Aspergillus jouent un rôle majeur dans les maladies respiratoires allergiques et infectieuses, particulièrement chez les animaux immunodéprimés. Les conditions de logement, l’humidité, la qualité du fourrage et l’état immunitaire sont des facteurs essentiels dans l’apparition de ces pathologies.

Les écuries sont le plus souvent situées en milieu rural, donc confrontées à la présence de pesticides.

Les pesticides utilisés en agriculture comprennent les insecticides, les herbicides et les fongicides. En France, premier utilisateur européen de pesticides, les fongicides représentent la catégorie la plus utilisée en tonnage, avec 91 substances actives autorisées. Ils sont indispensables pour lutter contre de nombreuses maladies des cultures (blé, fraises, céréales, betteraves, carottes, etc.).

Les principales familles de fongicides sont les triazolés, les imidazolés et les pyridines. Les triazolés sont les plus utilisés grâce à leur efficacité, leur large spectre d’action et leur coût avantageux. Ils représentent environ 25 % des pesticides utilisés sur les cultures. Parmi eux, l’époxiconazole est particulièrement répandu mais d’autres molécules agricoles sont particulièrement impliquées : propiconazole, bromuconazole, difénoconazole et tébuconazole.

Cet usage massif des fongicides favorise l’apparition de résistances chez certains champignons environnementaux, notamment Aspergillus fumigatus et Candida. Certaines souches développent des mutations génétiques qui entraînent aussi une résistance multiple aux antifongiques azolés utilisés en médecine humaine et vétérinaire, notamment : Itraconazole, Voriconazole et Posaconazole.

La présence de ces souches chez des chevaux vivant dans un environnement agricole suggère que les pesticides favorisent l’émergence et la diffusion de moisissures résistantes, augmentant les phénomènes de résistances aux antifongiques, les chevaux devenant alors un véritable réservoir de souches résistantes avec une possible transmission à l’homme. Cette situation est préoccupante pour les organismes immunodéprimées (cancers, greffes, VIH, maladies auto-immunes), très exposés au risque d’aspergillose invasive. Les infections dues aux souches résistantes d’Aspergillus fumigatus présentent une mortalité pouvant atteindre 80 %. Or ce sont le Voriconazole et le Posaconazole qui sont les principaux traitements aujourd’hui disponibles par voie orale.

Les résistances aux antifongiques agricoles et les réactions allergiques jouent probablement un rôle majeur dans l’inflammation pulmonaire chronique du cheval. La nécessité d’un usage plus raisonné et mieux contrôlé des fongicides agricoles afin de limiter l’émergence de résistances antifongiques menaçant la santé animale et humaine apparaît désormais comme un enjeu majeur pour la santé future.

 IV. LES SOLUTIONS POUR AIDER SON CHEVAL

Nous ne détaillerons pas ici les protocoles vétérinaires utilisés pour soigner l’asthme équin mais nous expliquerons les options en phytothérapie à votre portée pour aider votre cheval à lutter contre l’asthme mais aussi les autres affections du système respiratoire et les mycoses de la peau.

Le premier point clé pour soulager la symptomatique de l’asthme équin est d’évaluer l’exposition du cheval parce que la réussite à long terme du traitement des chevaux atteints d’asthme passe par la réduction de la charge aérosol de poussières dans leur environnement. Il faut identifier les zones à risque et mettre en place une prévention de son exposition aux allergènes (poussières organiques et moisissures) par la gestion de son environnement.  En effet, la concentration de poussière organique est 35 fois plus élevée chez les chevaux gardés sur une litière de paille et nourris avec du foin que chez les chevaux stabulant sur une litière de copeaux de bois et nourris avec des pellets. Il faut éviter au cheval de résider dans les zones à poussière (curage et paillage des box, distribution de foin, proximité des réserves) car une exposition même courte aux poussières aggrave fortement la fonction respiratoire.

1) Modifications environnementales

Une mise au pré permanente est idéale, sinon il faut adapter l’environnement (litière, alimentation, gestion de l’écurie) en remplaçant le foin et la paille (très poussiéreux) par des pellets, luzerne, ensilage ou herbe fraîche. Il faut utiliser des litières peu poussiéreuses (copeaux dépoussiérés, tourbe…) et assurer une bonne ventilation de l’écurie.

Tremper le foin réduit la poussière mais a ses limites (efficacité variable, perte nutritive, risque de moisissures). L’idéal est de l’arroser avec une dilution de micro-organismes efficaces diluée à 2% avec de l’eau. Ce traitement du foin avec des bons micro-organismes qui vont coloniser les micro-organismes pathogènes et les « manger » est le plus efficace. De plus ce traitement réensemence la flore intestinale du cheval de manière positive en soutenant son système immunitaire.

Maintenant sachez qu’une paille de bonne qualité possède une contenance faible en particules de poussières et que traitée aux micro-organismes efficaces, elle ne provoque pas plus d’inflammation chez les chevaux asthmatiques que des copeaux classiques.

Ces changements apportent une amélioration clinique en quelques jours à 3-4 semaines. Les chevaux peuvent redevenir asymptomatiques avec une fonction pulmonaire proche de la normale. Néanmoins ils témoigneront toujours d’une hyperréactivité bronchique persistante (sensibilité aux allergènes) et les altérations du tissu pulmonaire (obstruction résiduelle) quand il y a eu remodelage des voies respiratoires peuvent être irréversibles. À ce jour, l’asthme équin est une maladie réversible mais pas guérissable aussi la prévention reste primordiale par un contrôle strict de l’environnement.

Chez les chevaux atteints gravement, les mesures environnementales restent insuffisantes, elles doivent être complétées par un traitement en phytothérapie ou médical pour gérer les crises.

2) Les traitements : allopathie ou médecine naturelle ?

Concernant les infections fongiques invasives causées par des champignons (Blastomyces, Histoplasma, Coccidioides), des levures (Cryptococcus et Candida) ou des moisissures (Aspergillus), la médecine vétérinaire prescrit des médicaments antifongiques, notamment l’antibiotique amphotéricine B quand la vie du patient est en danger et les azolés pour les cas légers à modérés.

Les solutions naturelles pour diminuer la résistance des champignons, notamment quand ils se constituent en biofilms, sont un traitement naturel combinant l’argent colloïdal et les micro-organismes efficaces (EMA) en interne et en topique sur les zones atteintes et des plantes à forte action antifongique et bactérienne soutenant l’immunité comme : le lapacho, l’origan, le thym, l’éleuthérocoque, l’ashwagandha, la griffe du chat.

Concernant l’asthme, Il s’agit de réduire la bronchoconstriction et la production de mucus, d’agir sur le bronchospasme, d’améliorer la respiration et l’élimination des sécrétions ainsi que la fonction pulmonaire générale. Face aux phases d’exacerbation de la maladie en période de crise, il faut des traitements permettant la levée rapide de l’obstruction et l’usage d’un corticostéroïde est pertinent.

Mais le traitement médical sur le long terme à ses limites. Basé sur des anti-inflammatoires corticostéroïdes et des bronchodilatateurs, il ne traite que la symptomatique dont la réduction reste temporaire sans suppression des poussières et certains chevaux finissent par présenter une résistance aux corticoïdes faisant qu’ils ne répondent plus à cette thérapie. Leur administration prolongée par voie générale est à éviter du fait de leurs effets indésirables très redoutés mais peu documentés comme la fourbure et une plus grande sensibilité aux infections ainsi qu’une suppression de la fonction surrénalienne et une altération du métabolisme osseux. Il faut donc préférer l’administration par inhalation. Par ailleurs il faut proscrire les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui aggravent les symptômes en réduisant la production des prostaglandines E2, qui elles, agissent en tant que bronchodilatateur et anti-inflammatoire au niveau des voies respiratoires.

L’autre option pour prévenir des récidives est la phytothérapie qui fonctionne très bien seule pour accompagner sur le long terme la chronicité de cette maladie car elle est sans effets secondaires. Couplée au traitement des méridiens énergétiques du cheval via le shiatsu ou l’acupuncture, elle permet parfaitement la gestion des crises d’asthme équin et stoppe l’aggravation de la maladie, permettant à un cheval atteint de vivre longtemps dans une bonne condition. Il faut savoir que la vieillesse du cheval rend les crises d’asthme de plus en plus difficiles à gérer, rendant l’acte préventif des phases d’exacerbation clinique et la gestion environnementale de plus en plus important. À ce titre, les plantes aromatiques et médicinales sont vos meilleures alliées.

Pour combattre et exterminer les envahisseurs externes, ce sont les plantes à action immunostimulantes et anti-infectieuses, chaudes et sèches comme l’eucalyptus ou le thym qui conviennent. Contre les états inflammatoires aigus et bref, il faut des plantes froides et sèches mais contre les états inflammatoires pulmonaires chroniques il vaut mieux des plantes froides et humides comme la mauve ou combiner les deux états via une plante tel le plantain. On peut combattre les toux grasses (profondes) avec des plantes de nature chaude et sèche et la toux sèche (irritation des voix hautes) avec des plantes à action émollientes de nature froide et humide comme la guimauve ou encore de nature chaudes et humides (sucré ou gras) comme la réglisse qui vont faire mûrir des toux sèche vers des toux grasses expectorantes. Pour éliminer les mucosités et fluidifier les liquides, il faut des plantes mucolytiques et expectorantes de nature chaude et sèche comme le bourgeon de pin ou le marrube blanc qui permettent la fluidification des mucus pour faciliter leur évacuation par le système muco-ciliaire.

Enfin pour soulager les spasmes des muscles lisses de la respiration et de l’abdomen, les meilleures plantes spasmolytiques sont de nature chaude et sèche comme la matricaire.

Le pouvoir des plantes en synergie, c’est :

- une action antifongique, antibactérienne et antivirale contre les infections du système respiratoire,

- une action anti-inflammatoire et anti-allergène des muqueuses des voies respiratoires,

- une action bronchodilatatrice, expectorante et mucolytique sur l’arbre respiratoire,

- une action antioxydante sur les cellules.

Par leurs vertus, les plantes médicinales et aromatiques sont capables d’enrayer l’inflammation pulmonaire, le bronchospasme, l’accumulation de mucus qui entraînent l’obstruction des voies respiratoires et sa chronicité qui provoque leur remodelage, tout cela sans effets secondaires néfastes à l’organisme du cheval.

Nos synergies de plantes soutiennent l’organisme du cheval et son système immunitaire et apportent d’autres bienfaits complémentaires pour améliorer la fonction pulmonaire en luttant aussi contre le stress oxydatif qui favorise l’état inflammatoire des voies aériennes et le stress émotionnel de manquer d’air.

Pour l’asthme équin léger ou sévère et les allergies respiratoires (IAD, SPAOPD, RAO), c’est notre synergie Poumon et Respiration qui apporte un grand confort pulmonaire aux chevaux et leur permet de vivre longtemps dans un mieux-être.

Concernant les affections des voies respiratoires supérieures regroupant les infections virales (grippe, rhinopneumonie), l’empyème des poches gutturales (accumulation de pus), la pharyngite, la gourme à Streptococcus equi et l’obstruction causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), c’est le Composé immunitaire et poumon qui est conçu pour venir en aide aux chevaux atteints d'infection des voies respiratoires. Il est très complémentaire des antibiotiques et assure la bonne suite du traitement. Il se donne aussi en préventif lors d'épizootie (rhinopneumonie) dans une écurie ou une région.

En cas de toux sèche chronique ou récidivante, c'est la synergie Anti-toux qui convient, quelle que soit la raison des quintes de toux : allergies aux pollens ou irritations liées à un lieu de vie poussiéreux (écuries, manèges). Ses plantes apaisent les muqueuses de la trachée et des bronches (irritations et inflammation).

Pour les sinusites et l’écoulement nasal occasionnel ou chronique, c’est notre Synergie spéciale sinusite conçue pour aider l’organisme du cheval.

En cas d’hypersensibilité des voies respiratoires, nous avons une synergie conçue spécifiquement pour apaiser l’irritation et la sur-réactivité des récepteurs sensitifs des muqueuses respiratoires. Elle aide à réduire les symptômes liés aux allergies et à éliminer les agents polluants responsables des troubles respiratoires. Elle est particulièrement recommandée pour les chevaux exposés à la poussière, au pollen ou à d'autres allergènes présents dans leur environnement. 

D’autres synergies peuvent accompagner votre cheval et soutenir sa résilience face aux difficultés respiratoires : 

La synergie Reins Poumons
Une association de plantes pour tonifier en douceur les reins et la sphère pulmonaire. Idéal en fin d’été pour préparer l’organisme du cheval à la période hivernale. Utile aux chevaux qui sortent fatigués et amaigris de la saison estivale. Stimule l’appétit et redonne du tonus.

Le composé poumon et estomac
Préparation de plantes médicinales permettant de soigner les pathologies pulmonaires du cheval ainsi que les douleurs d'estomac. Ce composé réunit les plantes de la synergie Poumon et celle de la Synergie spéciale Estomac. Un deux en un très pratique en phase d'entretien. 

La synergie Phyto Microbiote
Elle prend soin de la flore intestinale du cheval. Elle apporte un grand confort digestif aux chevaux, améliore l’assimilation intestinale et participe au maintien de l'immunité générale du cheval en entretenant son microbiote intestinal. Préconisée chez le cheval pour lutter contre les dysbioses intestinales et renforcer son immunité naturelle.

Les problèmes de peau
Contre les gales et les teignes, pour combattre les micro-organismes parasitant le derme du cheval et s'opposer aux lésions qu'ils provoquent, la synergie Gale et Teigne s'oppose aux parasites et soigne la peau par une action nettoyantes, immunostimulante, antifongique et antiparasitaire. 

Le meilleur moyen de lutter contre l’installation des champignons pathogènes reste la prévention en développant le potentiel immunitaire de votre cheval. À cet effet, voici d’autres articles pouvant vous éclairer sur les solutions naturelles possibles à mettre en œuvre :

Le miracle des micro-organismes efficaces, L’indispensable pharmacie de Mère Nature et Comment aider le microbiote de son cheval par l’alimentation.

 

Sources :
Le microbiote pulmonaire, un enjeu récent en microbiologie médicale – Société Française de Microbiologie. Olivia Vong ; 10 juin 2020
Aspects cliniques des pneumonies parasitaires et fongiques chez les équidés - Desjardins-Lavisse Isabelle, Guillot Jacques. In : Bulletin de l'Académie Vétérinaire de France tome 159 n°1, 2006. pp. 67-76 ; doi : 10.4267/2042/47814.
Physiopathologie de l’obstruction récurrente des voies respiratoires chez le cheval : étude bibliographique et actualités -DENYS, Marie - Université Paul-Sabatier de Toulouse, Décembre 2011 - Thèse d’exercice, Médecine Vétérinaire, ENVT, 2011, 129p.
L’emphysème du cheval, comme modèle expérimental de l’emphysème humain - Morre Jean, par Mme Paule Doyard. In : Bulletin de l'Académie Vétérinaire de France tome 131 n°1, 1978. pp. 49-52.
Traitement de la toux en médecine chinoise - J.-C. DUBOIS (Canton). Cours d'acupuncture (année 1980-81) et cours de médecine interne (1981-82) de l'Institut de médecine chinoise de Canton.
Étude de la flore fongique cutanée colonisant le cheval - Charlotte Catry. Sciences pharmaceutiques. 2015 ; ⟨dumas-01330906⟩.
Approche comparée de l’asthme équin et félin, similitudes et différences avec l’asthme humain - Anna Saigot. Médecine vétérinaire et santé animale. 2020 ; (dumas-04826248).

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