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La stratégie des biofilms
Les biofilms : de quoi parlons-nous ?
En 1978, le microbiologiste John William (Bill) Costerton apporte une nouvelle vision de la vie bactérienne et devient un pionnier de la microbiologie avec sa théorie des biofilms. Il constate que des colonies naturelles de bactéries créent leur propre micro habitat en se collant aux surfaces et se couvrent d'une couche visqueuse de molécules protectrices pour améliorer leur survie. Il nomme cette matrice adhésive et protectrice : « biofilm ».
Le biofilm se révèle être la forme d'organisation dominante dans le monde microbien, une communauté multicellulaire de bactéries, de microchampignons, de microalgues ou de protozoaires, qui organise la vie des micro-organismes en société. Ceci peut se créer quand une majorité d’organismes favorise une association symbiotique en communiquant entre individus et en échangeant des gènes, s'adaptant ainsi à la dynamique évolutive permanente de leur microsociété. Ce faisant, ils peuvent déployer les capacités étonnantes de colonisation et de résistance qui caractérisent les biofilms.
Les biofilms sont partout : sur des surfaces naturelles (l’eau, le sol, les pierres, le bois, les végétaux, la peau), à l’intérieur des corps (muqueuses, sang, organes, cartilages), sur des surfaces artificielles (meubles, objets, matériaux synthétiques) et même dans l’espace.
Un biofilm peut être bon, nuisible ou carrément dangereux. Dans cet article nous continuons la découverte du monde micro-organique et de son impact sur notre santé et celle de nos animaux que nous avons initiée avec De l’importance du microbiote intestinal chez le cheval et Le miracle des micro-organismes efficaces.
Modus operandi des biofilms
Les biofilms sont le plus souvent observés dans les milieux aqueux ou humides. Leur apparition est une parade mise en place par les micro-organismes face à l’agressivité du milieu, les rendant capables de vivre dans des conditions de vie mortelles pour la plupart des autres organismes (extrême chaud, extrême froid, pression intense, milieux très salins, très acides ou hyper alcalins, milieux radioactifs ou raréfiés en oxygène). Un biofilm croit d’autant plus vite que le milieu est riche en nutriments pour la colonie, pouvant parfois atteindre le mètre d’épaisseur si l’environnement lui est favorable.
Les biofilms peuvent être composés d'une seule espèce ou de plusieurs espèces associées. Des mouvements de bactéries passant d’une micro-colonie à l’autre révèlent qu’à l’intérieur même du biofilm chaque micro-colonie est une petite communauté en soi. Dans le cas d’une association multi espèces, leur biodiversité améliore leur résistance aux divers facteurs de stress environnementaux, incluant l'érosion mécanique, les détergents et la désinfection.
La matrice extracellulaire fortement hydratée d’un biofilm est composée de macromolécules créant des substances polymères et des matériaux nutritifs et protecteurs : des fibres d'acides aminés telles les protéines, des polysaccharides, des lipides et des acides nucléiques comme de l’ADN et de l’ARN. La fabrication de cellulose, d’alginate ou de fibrilles protéiniques vient parfois renforcer la structure du biofilm dans certaines colonies. La matrice peut devenir résistante au point de pouvoir se fossiliser dans certaines conditions. C’est le cas pour les récifs et certains sols dont ils constituent le substrat originel.
Quasiment tous les micro-organismes ont développé des mécanismes d'adhérence aux surfaces, même très lisses, ou bien la possibilité de s’accrocher les uns aux autres ou à des cellules symbiotes avec des appendices nommés pili ou fimbriae, ou encore à des cellules qu'ils doivent infecter pour survivre. Tout ceci leur permet de s'intégrer à un biofilm en formation créé par d'autres espèces afin d’améliorer leur survie, chaque groupe exécutant des fonctions métaboliques spécialisées au profit de la résistance de la communauté. Cette activité génère des déchets métaboliques, des excrétats qui serviront de nourriture à d’autres mais qui peuvent aussi devenir une pollution pour l’organisme de l’hôte du biofilm.
La diversité d'espèces et de groupes de micro-organismes au sein d’un biofilm multiplie les interactions durables possibles au sein de chaque espèce et en synergie avec d'autres espèces. Ceci induit aussi des variations dans les traits de comportement des individus, engendrées par l’échange et la modification de gènes qui aboutissent à des changements de fonctions.
Les bactéries vivant dans un biofilm ont des propriétés et un comportement très différent de celles des bactéries « flottantes » de la même espèce. L'environnement particulier du biofilm force la coopération inter espèce et incite à agir les unes avec les autres de manière différente qu'en environnement libre où l’organisme unicellulaire flotte librement dans un fluide, de manière dite « planctonique » et agit de manière individuelle.
La formation classique d’un biofilm commence par des individus planctoniques qui s’échouent là en fonction de la nature du substrat et de diverses forces physicochimiques comme le pH, l’hydrophobie ou la charge électrostatique. Il s’agit de l’attachement initial qui conduira à un attachement irréversible s’ils sont rejoints par d’autres. Les micro-organismes vont se multiplier et créer des macro-colonies tout en sécrétant une substance polymérique extracellulaire constituée de polysaccharides. C’est l’apparition et la maturation d’un biofilm par une croissance en épaisseur d’une matrice gorgée de nutriments et de canaux de communication qui protège et relie entre eux les micro-organismes et qui va changer leur comportement individuel et les faire basculer en un mode communautaire.
Les macro-colonies échangent des signaux qui permettent l'intégrité et une synchronisation métabolique de la communauté. Quand le biofilm vieillit ou subit certains stress ou des carences, les micro-organismes peuvent consommer leur biofilm ou se détacher pour retrouver leur état planctonique afin d’aller coloniser de nouvelles surfaces, recommençant ainsi le cycle de formation d’un nouveau biofilm.
Par sa constitution dense, la couche externe de la matrice extracellulaire constitue une barrière physique contre l'entrée des agents antimicrobiens, des détergents et des antibiotiques ainsi qu’une protection du métabolisme des micro-organismes ce qui renforce leur résistance.
Les biofilms sont capables d’expulser activement les composants antimicrobiens qui les agresse grâce à des pompes d’efflux, d’acheminer l’oxygène et les nutriments dans les parties profondes du biofilm, d’évacuer les déchets et d’envoyer des signaux biochimiques via des canaux aqueux pour communiquer entre cellules afin de contrôler une variété de processus physiologiques parmi lesquels leur facteur de virulence (quorum sensing).
Le matériel génétique échangé entre différentes espèces accroît les capacités d’adaptation, de tolérance et de résistance des micro-organismes vivant en mode biofilm.
Toutes ces caractéristiques des biofilms expliquent la résistance accrue des micro-organismes aux antibiotiques et par exemple, la difficulté des hôpitaux à éradiquer les risques d’infections nosocomiales des patients durant leur hospitalisation.
Les biofilms ont la capacité de fabriquer ou de dégrader du matériau, contribuant à améliorer leur hôte ou à le détruire. Ils peuvent reminéraliser ou corroder. Certains participent totalement au recyclage naturel perpétuel organisé par la Nature en accélérant la décomposition de la matière morte sur Terre tout en servant de nourriture aux organismes racleurs et brouteurs tels les invertébrés, les poissons, les crustacés, les larves et certains oiseaux. Si à l’échelle de la planète, les biofilms jouent un rôle écologique majeur, ils créent des problèmes dans l’industrie par leurs pouvoirs de corrosion des surfaces et dès lors qu’ils sont pathogènes pour notre santé, dans l’industrie alimentaire où ils deviennent source d’intoxication alimentaire et en médecine humaine, source d’infections nosocomiales.
Comprendre les biofilms est devenu indispensable dans les secteurs du domaine médical, vétérinaire, de l'écologie, de l'hygiène agroalimentaire et pose la question de la qualité microbiologique des eaux potables ainsi que de la gestion des canalisations. Aujourd’hui un phénomène de chlororésistance chez les espèces présentes dans les biofilms des canalisations prouve l'inefficacité réelle du traitement au chlore sur ces biomasses fixées et un phénomène d’antibiorésistance dans les milieux hospitaliers montre la capacité des biofilms à s’adapter à des changements d’environnement et au stress.
Les biofilms dans nos vies et celles de nos chevaux
Maintenant que nous connaissons ce que sont les biofilms et comment ils fonctionnent, prenons quelques exemples pour visualiser comment nous et nos chevaux les côtoyons dans notre vie de tous les jours :
La gale de boue est typique d’un mode biofilm, permettant la prolifération et la résistance d’une association de bactéries et champignons qui attaquent le derme. Parfois le film de bactéries et de champignons héberge aussi le Staphylocoque doré qui vient compliquer la pathologie de la gale de boue sur les pâturons des chevaux ou sur une plaie ou bien encore à l’intérieur d’un cathéter utilisé pour drainer une blessure ou d’implants (valves cardiaques, hanches artificielles). Grâce au biofilm, il devient difficilement délogeable.
La bactérie Helicobacter pylori responsable des ulcères d’estomac développe un biofilm sur les muqueuses de l’estomac jusqu’à les ulcérer, voire causer des tumeurs cancéreuses. C’est aussi un biofilm bactérien qui est à l’origine de tumeurs cancéreuses du pancréas (adénocarcinome).
Les légionnelles qui provoquent des maladies respiratoires se déploient en biofilm dans les eaux stagnantes et les boues. Les salmonelles sont également capables de se développer en biofilm sur une multiplicité de surfaces biotiques ou abiotiques.
L’espèce Aspergillus, des champignons très répandus dans la nature et inhalés quotidiennement, peuvent soudainement se développer en biofilm fongique dans les poches gutturales des chevaux et créer une mycose qui attaquera localement la paroi des artères et des nerfs.
Un des biofilms fongiques très courant est celui formé par Candida albicans. Ce champignon de la famille des levures est responsable de candidoses de la peau - comme le Muguet - et de l’altération des muqueuses digestives menant au syndrome de l’intestin irritable, de l’hyperperméabilité intestinale ou participant à la maladie de Crohn ainsi que dans multiples infections gynécologiques.
Les otites chroniques sont aussi corrélées à la présence d’un biofilm d’origine bactérienne ou mycosique causant une infection locale qui se répète. Il en est de même pour la vaginite, la colite, la conjonctivite, la gingivite, l’urétrite.
Pour donner une idée de l’impact des biofilms sur notre vie : 65 % des infections bactériennes chez l’homme impliquent des biofilms.
Les maladies liées à des biofilms bactériens pathogènes sont souvent chroniques car ils constituent des réservoirs bactériens à l’origine d’infections récidivantes. En effet ces derniers résistent mieux aux antibiotiques et aux agents désinfectants que des micro-organismes isolés. Quand nous sommes en présence d’une plaie qui ne guérit pas et qui refuse de cicatriser, il y a probablement un biofilm bactérien et/ou fongique à l’œuvre qui empêche l’assainissement de la blessure.
Les micro-organismes peuvent ralentir leur métabolisme, devenir dormants, encapsulés et protégés par la matrice du biofilm pour échapper au système immunitaire et se réactiver après les traitements antibiotiques ou dès lors que le système immunitaire et/ou le métabolisme du corps sont fatigués. Ces cellules dites persistantes contribuent à la repousse du biofilm de manière chronique quand les conditions redeviennent favorables pour elles.
C’est typiquement le cas dans la maladie de Lyme causée par la bactérie Borrelia Burgdorferi et ses variantes, de la leptospirose et de la piroplasmose. Ce genre de bactéries s’organise en biofilm pour adhérer aux tissus humains ce qui produit des lésions tissulaires et génère de l’inflammation. Elle construit des systèmes dédiés à l’absorption des nutriments, à la communication, à l’élimination des déchets et même des circuits d’éliminations des antibiotiques. L’activité métabolique des biofilms incriminés génère beaucoup de déchets, libère des endotoxines qui encrassent et fatiguent les tissus/organes, notamment le foie et les reins, créant en plus des symptômes de la maladie, une fatigue générale intense de l’organisme.
Biofilm : ami ou ennemi ?
Ainsi nos corps humains et celui de nos animaux font l’objet d’une colonisation par des biofilms tout au long de notre vie. Plus de 400 espèces de microbes nous colonisent chaque jour, s’installant dans le côlon. Cet environnement microbien dans lequel nous baignons ne nous pose aucun problème tant que notre système immunitaire nous protège contre l’invasion indésirable de germes agressifs.
Tous les organes creux et les muqueuses en contact avec l’extérieur contiennent des films de micro-organismes. Le tube digestif en est un très bon exemple. La plupart du temps ces biofilms vivent en symbiose avec nous, co-évoluent avec nous et notre système immunitaire, ayant un rôle fonctionnel important pour l’organisme. Cependant ils deviennent parfois pathogènes ou parasites ou peuvent le devenir si leur nombre et leur biodiversité ne sont pas régulés et que l’immunité de l’hôte faiblit.
Un bon exemple de ceci est la carie dentaire. Elle provient d’une rupture d’équilibre de la flore bactérienne constituante du biofilm naturel présent à la surface des dents. L’un des facteurs entrainant cette dysbiose est le sucre qui active la reproduction de certaines bactéries du biofilm au détriment des autres faisant basculer le biofilm vers une activité corrosive pour l’émail des dents. La gingivite est aussi la conséquence d’un biofilm que nous appelons la plaque dentaire, idem pour la parodontite.
Reprenons notre exemple Candida albicans : quand « tout va bien », ce champignon est omniprésent dans notre bouche et nos intestins, sans causer le moindre trouble. Mais ce microbe « ami » peut se développer à l’excès et induire un grand nombre de problèmes intestinaux, urinaires, génitaux, dermatologiques, nerveux, endocriniens et allergiques.
Comme nous montre ces exemples, si un biofilm peut corroder, détruire sa surface hôte, il peut aussi soutenir, renforcer et contribuer à la santé de son hôte et c’est cette dernière observation qui nous intéresse et qui est la raison de notre article : comment pouvons-nous profiter de bons biofilms contribuant à notre santé et celle de nos chevaux ?
Atteindre l’équilibre symbiotique
Il s’agit de maintenir l’équilibre symbiotique des biofilms en nous ainsi qu’autour de nous en minimisant le risque de dysbiose de leur population. Comment faire ?
Dans la même logique que pour l’entretien de la flore intestinale, il faut soutenir le développement des bons micro-organismes favorables au corps au détriment des espèces pathogènes ou qui peuvent le devenir par le nombre.
C’est donc avant tout par une action préventive permanente, régulatrice des populations microbiennes, via la nourriture et la qualité de l’eau, en usant de tous les facteurs favorables au maintien optimal du système immunitaire qu’on y arrive :
- Par la nourriture, nous devons cultiver et ingérer les bonnes familles de micro-organismes propices à la régulation des espèces pathogènes qui nous colonisent et privilégier celles ayant une action symbiotique avec notre système immunitaire. Les méthodes de lactofermentation et les micro-organismes efficaces (E.M.) sont idéals pour cela. Les aliments lactofermentés sont une source de probiotiques naturels qui produit des vitamines et des acides aminés nourrissant et renforçant le microbiote du tube digestif et le système immunitaire. Lisez ici tout ce qui peut aider à renforcer naturellement le microbiote intestinal.
- Boire de l’eau filtrée pour éliminer les résidus de chlore, de pesticides, de médicaments et les micro-organismes logés dans les canalisations. Utiliser les E.M. et l’argent colloïdal pour purifier l’eau des animaux et leur environnement et assainir les canalisations de votre lieu de vie.
- Concernant la capacité du système immunitaire, près de 80% du système immunitaire est localisé dans l’intestin qui constitue avec sa muqueuse un espace clos ne menaçant pas les cellules, où le système immunitaire expérimente en sécurité les bactéries encore inconnues et chasse les intrus.
Dans le microbiote, tout semble être une question d’équilibre où la santé de l’organisme passe par l’absence de domination excessive d’une famille microbienne sur les autres. L’équilibre ou la prédominance des familles microbiennes dépend du milieu interne et de son pH (acide, neutre ou basique). Ce que nous mangeons et l’alimentation que nous donnons à nos animaux modifient le pH, ce qui modifie la flore intestinale ce qui a pour conséquence qu’un microbiote peut soigner ou provoquer la maladie.
Les bonnes bactéries se soutiennent mutuellement en produisant des signaux chimiques auxquels elles sont résistantes et qui sont mille fois plus actifs sur les bactéries pathogènes lorsqu’ils proviennent de plusieurs souches bactériennes combinées.
C’est le principe des micro-organismes activés ou E.M. qui sont capables de constituer des biofilms multi espèces sains qui colonisent et supplantent les biofilms pathogènes. Pulvériser des E.M. dans la nourriture, dans l’eau et dans l’environnement quotidiennement dépose un film de micro-organismes non pathogènes permettant une colonisation bactérienne, fongique et virale positive et assainissante de notre environnement, améliorant notre santé et celle de nos animaux.
Les E.M. sont l’association de 80 espèces de micro-organismes bénéfiques à la santé animale, aux effets extraordinaires, possédant une palette d'applications très large et variée presque sans limites : ce sont des bactéries photosynthétiques qui rendent les nutriments assimilables, des bactéries d’acide lactique à la puissante action stérilisante, des levures qui fabriquent des substances nutritives et antimicrobiennes, des actinomycètes qui réduisent les moisissures nocives, des moisissures fermentantes qui décomposent rapidement les substances organiques, réduisant ainsi les mauvaises odeurs.
Ils agissent par trois types d’actions : la fermentation, l’anti-oxydation, la transmission de vibrations. Les E.M. libèrent des substances actives antioxydantes, bioactives et fortement énergétiques à partir de matériaux organiques qui contribuent ainsi à augmenter l'énergie positive et structurante favorisant la vie. Sous l'effet des E.M. s'établit un équilibre naturel des micro-organismes utiles permettant de vaincre les moisissures, les mauvaises odeurs, les maladies et d'autres processus de dégénérescence.
Les solutions contre les biofilms pathogènes
Quand un biofilm pathogène est installé, quelle parade avons-nous pour le neutraliser et rétablir la symbiose avec l’hôte hormis les antibiotiques ?
- Utiliser le principe de dominance des bons microbes favorables à la santé de nos organismes et qui viennent soutenir notre système immunitaire. Si c’est possible, pulvériser directement des E.M. sur le biofilm pathogène, sinon les ingérer par voie orale pour favoriser la recolonisation interne par des micro-organismes favorables à la santé du corps.
- Utiliser ce que la Nature a créé pour contrôler la population des micro-organismes : les bactériophages (mangeurs de bactéries). Ce sont des virus naturels très répandus dans l’environnement qui ciblent les bactéries en les infectant. Ils se reproduisent en modifiant le matériel génétique des bactéries et certains d’entre eux, dit lytiques, tuent leur bactérie hôte. À chaque espèce bactérienne son phage spécifique, une spécificité d’espèce qui interdit aux phages de modifier les autres espèces de bactéries présentes. Ceci fait une arme très ciblée, à l’inverse des antibiotiques qui attaquent aussi les bactéries utiles à l’homme de la flore intestinale.
La médecine utilise cette science appelée « phagothérapie » en isolant, caractérisant, cultivant et purifiant des phages lytiques afin d’obtenir une qualité pharmaceutique pour traiter les infections bactériennes. La phagothérapie permet la destruction des souches pathogènes dans les biofilms, notamment les bactéries à Gram négatif et les bactéries hautement résistantes. Ils peuvent agir sur les infections de la peau et des tissus mous, les infections pulmonaires, les infections ostéoarticulaires, les infections urinaires, les infections digestives. La phagothérapie est administrée par application locale topique, par aérosols, par voie intraveineuse exclusive ou par transplantation de microbiote fécal. La France est très en retard dans l’usage de la phagothérapie par rapport à d’autres pays. Un programme « PhageInLyon Clinic » d’étude et de recherche en phagothérapie, porté par la Fondation des Hospices Civils de Lyon, existe enfin pour développer cette science chez nous.
Néanmoins les bactériophages ne parviennent pas systématiquement à atteindre les bactéries encapsulées dans le biofilm, notamment celles qui logent dans les profondeurs du biofilm, là où leur métabolisme est fortement ralenti par la faible teneur en oxygène et la diminution des nutriments.
- Utiliser des enzymes microbiennes : pour répondre à ce problème, deux chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) et du The Hospital for Sick Children (SickKids) au Canada, Donald C. Sheppard et P. Lynne Howell ont adapté une fonction enzymatique utilisée par les micro-organismes eux-mêmes pour la création de leur biofilm afin de détruire cette protection. Ceci rend les micro-organismes à nouveau accessibles au système immunitaire et aux bactériophages ainsi que plus vulnérables aux antibiotiques.
Afin de modeler et de construire leur biofilm protecteur, les micro-organismes utilisent une enzyme qui coupe les molécules de sucre constituantes du biofilm. Les chercheurs ont transformé ces enzymes en une sorte de machine destructrice de biofilm. Sans leur matrice protectrice, les micro-organismes redeviennent planctoniques et sont exposés aux antibactéricides. Cette stratégie de dispersion des biofilms via trois types d’enzymes (les hydrolases glycosides, les désoxyribonucléases et les protéases) se montre efficace dans l’éradication des biofilms matures. Des sociétés comme Kane Biotech utilisent cette biotechnologie dans un gel de plaie (DispersinB) et une gamme de produits (DermaKB™) pour les infections du cuir chevelu. Néanmoins la prudence reste de mise car l’utilisation d’enzymes pourraient susciter de fortes réponses immunitaires, présenter une toxicité cellulaire pour l’hôte, voire faciliter la colonisation bactérienne de nouvelles zones. La recherche doit encore identifier quelles enzymes sont fiables et sécuritaires pour un usage clinique. Des alternatives comme inhiber l’adhérence initiale des germes, brouiller leurs communications et limiter la maturation du biofilm ou diminuer sa tolérance sont aussi étudiées.
- Utiliser les enzymes issues de la fermentation lactique : en attendant, certaines enzymes protéolytiques comme la serrapeptase et la nattokinase issues d’une fermentation végétale ou bien la lumbrokinase présente dans la salive de certains vers de terre sont capables de casser les chaines protéiniques de la substance exopolymère d’un biofilm. Si nous trouvons certaines via notre alimentation comme dans le natto de la gastronomie japonaise, une supplémentation est nécessaire pour agir sur les biofilms installés dans l’organisme. Leur usage combiné avec un antibiotique améliore la pénétration de ce dernier dans les biofilms.
- Utiliser la force synergique de certaines plantes capables de fragiliser les biofilms comme la quinine du Ghana ou la renouée du japon en synergie avec des plantes à forte action antibactérienne et virale soutenant l’immunité comme : l’origan, le thym, l’éleuthérocoque, l’ashwagandha, la griffe du chat.
- Utiliser l’argent colloïdal en synergie avec les E.M. et la phagothérapie car l’argent colloïdal est un des meilleurs antibactériens naturels pour éliminer efficacement les bactéries antibiorésistantes. Contrairement aux antibiotiques, il respecte le microbiote précieux pour l’immunité et l’équilibre biologique. Les ions d’argent et de particules d’argent colloïdales ont un spectre d’action sur plus de 600 pathogènes, bien plus qu’un antibiotique ce qui leur confère la capacité de lutter contre le développement des biofilms pathogènes. L’argent colloïdal annule la résistance microbienne aux agents bactéricides et rend les micro-organismes incapables de produire un biofilm.
L’argent colloïdal perturbe plusieurs processus cellulaires du métabolisme microbien en rendant les protéines et le fer inutilisables par les germes pathogènes. Ceci augmente la production d’espèces réactives à l’oxygène qui deviennent beaucoup plus vulnérables. Il déstabilise aussi la paroi bactérienne, agissant sur les canaux ioniques ce qui dépolarise la membrane cellulaire. Cette dernière éclate, libérant l’intérieur du cytoplasme. Les particules d’argent colloïdal, inférieure au nanomètre, pénètrent la membrane des bactéries et l'enveloppe des virus, entraînant leur mort cellulaire et neutralisant leur toxicité. Ce processus multiplie jusqu’à 1000 fois l’efficacité des antibiotiques ou des plantes médicinales sur les biofilms.
La Nature ne crée pas une créature sans prévoir son processus de régulation. Tout le processus de la création repose sur l’équilibre entre les forces évolutives et destructrices. L’une ne va pas sans l’autre. La destruction est intrinsèque à la prolifération et la Création manie l’une et l’autre dans un perpétuel recommencement afin de maintenir l’équilibre symbiotique de tout le vivant.
À nous, être humain, de comprendre profondément cette science naturelle de l’univers et d’apprendre à l’utiliser pour le bien-être notre biologie animale.
Le meilleur moyen de lutter contre l’installation de biofilms est la prévention avec des gestes simples : soigner les petits bobos avant qu’ils ne prennent de l’ampleur et développer le potentiel immunitaire de votre organisme et celui de vos animaux. À cet effet, retrouvez nos conseils pour vous et votre cheval dans l’indispensable pharmacie de Mère Nature et Comment aider le microbiote par l’alimentation.
Voici nos synergies de plantes médicinales qui peuvent vous aider dans ce sens pour vos chevaux :
SYNERGIE SYSTÈME IMMUNITAIRE
Elle stimule l'énergie vitale du cheval et plus spécifiquement ses défenses immunitaires. Elle s'emploie en prévention ou en complément de soins lors de maladies infectieuses des voies respiratoires, mais aussi chaque fois qu'un cheval a une infection localisée. En boostant l'organisme, cette synergie complète bien un traitement vétérinaire (antibiotique).
À utiliser aussi en traitement interne en cas de gale de boue récidivante, combinée avec un traitement local par pulvérisation d’E.M. associés à de l’argent colloïdal et des bains d’E.M. sur les parties du derme atteintes.
SYNERGIE POST LYME
Cette synergie est spécifique pour les chevaux atteint par la maladie de Lyme. Les plantes sont choisies pour stimuler les fonctions hépatiques et remonter l'énergie vitale afin de contrer l'effet de fatigue latente.
SYNERGIE POST PIROPLASMOSE ET LEPTOSPIROSE
Cette synergie est conçue pour les chevaux ayant été atteint par la piroplasmose ou une leptospirose. Elle se donne en curatif, mais peut-être prise en cure d'entretien. Elle permet une remontée de l'état général grâce à une bonne détoxification de l'organisme (des organes foie et reins) et une stimulation de la production de globules rouges, compensatrice de la perte liée à ces affections.
SYNERGIE DRAINAGE LYMPHATIQUE + ECHINACEA
Ce composé de plantes médicinales associe les plantes de la synergie drainage lymphatique à de l'échinacée. Le but de cette composition est d'agir sur les lymphangites infectieuses causées par des staphylocoques dorés. À combiner avec un traitement local par pulvérisation d’E.M. associés à de l’argent colloïdal et des bains d’E.M.
SYNERGIE PHYTO MICROBIOTE
Cette synergie prend soin de la flore intestinale du cheval. Elle apporte un grand confort digestif aux chevaux et participe au maintien de l'immunité générale du cheval en entretenant son microbiote intestinal. Préconisée chez le cheval pour lutter contre les dysbioses intestinales et renforcer son immunité naturelle.
Sources :
Article Biofilm – Wikipédia.
Biofilms : Les microbes en société - Laurent Marché, Romain Briandet, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, 17 avril 2024.
Biofilm : positioning and organisation of bacterial communities - Alain Filloux et Isabelle Vallet, Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes Macromoléculaires, UPR 9027, IBSM/Cnrs - Med Sci (Paris) / Volume 19, Number 1, Janvier 2003.
Viruses for health: Bacteriophages - Nicolas Benech, Lorenzo Chaffringeon, Thomas Briot, Camille Kolenda, Fabrice Pirot, Frédéric Laurent et Tristan Ferry - Med Sci (Paris) / Volume 38, Number 12, Décembre 2022 / Un monde de virus.
Strategy to combat biofilms : a focus on biofilm dispersal enzymes - Wang, S., Zhao, Y., Breslawec, A.P. et al. - npj Biofilms Microbiomes 9, 63 (2023).
Microbial enzymes as powerful natural anti-biofilm candidates - Lamiaa A. Al-Madboly, Asmaa Aboulmagd, Mohamed Abd El-Salam, Ivan Kushkevych and Rasha M. El-Morsi - Microb Cell Fact 23, 343 (2024).
L’argent colloidal, alternative naturelle aux antibiotiques - Jean-Patrick BONNARDEL, Dangles Editions 2013, 2020 - EAN : 978-2-7033-1266-6.
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J'ai un appaloosa qui m'a fait un ulcère arrière de l'oeil. Testais lyme et Pyro. Lire + Répondre
Merci pour cet article oh com ien intéressant !! Lire + Répondre
Super intéressant et vérifié.....dans mon cas. Lire + Répondre