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Des pâtures thérapeutiques pour vos chevaux
La prairie salvatrice
En dehors de nourrir nos chevaux, les prairies de fauche et les prairies pacagées constituent des milieux de chasse de nombreuses espèces animales et sont fondamentales à la préservation de la faune sauvage et de la flore.
La présence de prairies favorise la biodiversité, à la fois au niveau de la flore microbienne du sol, des plantes et des animaux (vertébrés et invertébrés). Les zones de refus dans une pâture souvent associées aux crottins de nos chevaux sont un garde-manger pour une microfaune et une microflore salvatrices à la santé du sous-sol de la prairie.
Les prairies sont constituées majoritairement de graminées. Leur composition floristique est très variable, liée à différents facteurs tels l’humidité, le climat et les activités humaines. Le facteur naturel influençant le plus leur composition est le niveau hydrique du sol : sols très humides, sols humides et sols frais à sec.
Lorsque le sol est riche en éléments nutritifs pour les plantes comme l’azote à cause d’un surpâturage ou d’une fertilisation trop importante il y a une banalisation de la flore, avec la disparition des plantes à fleurs au profit de plantes tolérant des taux d'azote élevés, comme l'Ortie, le Rumex, les Chardons commun et les Chardons des champs.
Une prairie d’1 hectare représente plus de 45% de biomasse microbienne par rapport à une parcelle en culture labourée. Elle contient 20 fois plus de vers de terre qu’une terre labourée et 4,5 tonnes de faune, soit le poids de 5 ou 6 chevaux. Recyclant l’azote et nécessitant moins de traitements phytosanitaires que les cultures, les prairies alimentent un cercle vertueux.
Prenons soin de nos prairies car elles sont de véritables puits de carbone. L'herbe capte le carbone de l’air par la photosynthèse et le stockent dans le sol sous forme de carbone organique. On observe plus de carbone stocké sous une prairie que sous une forêt.
Une prairie multi-espèces dans sa composition botanique présente de multiples avantages comme plus d'ingestibilité, plus de protéines et plus de constance dans les rendements.
La multiplicité des espèces donne une bonne pâture riche en énergie et en protéines, tout en représentant une alimentation peu coûteuse quand on laisse les herbivores la pâturer. Les tanins condensés présents en grande quantité dans les espèces prairiales telles que la chicorée, le plantain ou le sainfoin ont un effet antiparasitaire dès lors qu’ils représentent plus de 3 % de la matière sèche totale consommée.
Aujourd’hui en Europe, le pâturage est devenu un enjeu sociétal. Il est associé au bien-être animal et à la biodiversité. Ainsi par exemple, l’industrie laitière néerlandaise paie un « Bonus pâturage » aux éleveurs qui font pâturer leurs vaches laitières et le parlement néerlandais étudie l’éventualité d’inscrire le pâturage dans la loi.
Autre exemple chez nos voisins allemands qui ont introduit le « Lait de pâturage » dans leurs supermarchés, laits issus de prairies, produits par des vaches ayant pâturé au moins 6 heures par jour, quatre mois de l’année.
La gestion du pâturage
Là où les troupeaux se déplaçaient pour trouver au gré des saisons les fourrages nécessaires à la satisfaction de leur besoins alimentaires, c’est désormais un espace clos qui les retient. C’est au printemps, en phase de croissance active de l’herbe, que le pâturage libre présente les meilleures performances. L’herbe du printemps contient deux fois plus de Bêta-carotène, de vitamine E et de vitamine A que le reste de l’année. Ces performances diminuent fortement durant l’été avec l’assèchement des graminées d’où le choix d’une alternative avec la technique du pâturage tournant entre deux parcelles distinctes ou entre parcelles d’un même champ divisé.
Cette dernière technique est mieux adaptée à la préservation botanique d’une prairie car elle respecte le rythme de développement des graminées, préserve les bonnes graminées fourragères et améliore la qualité de l’herbe. C’est la meilleure alternative à la disparition du pâturage itinérant ancestral qui permettait de laisser un temps de repos nécessaire à la repousse du couvert.
On estime un état de surpâturage quand l’herbe de la pâture est inférieure à 4 cm de hauteur. Les équidés privilégient en priorité les zones d’herbes rase riche en protéines ce qui conduit au surpâturage des même zones. Le temps de repos conseillé entre deux pâturages est de :
- 20/30 jours au printemps
- 60/70 jours en été
- 40/50 jours en automne
- 50/60 jours en hiver
Il permet la repousse et la floraison des espèces tandis que la phase de réensemencement profite de la présence des herbivores et du piétinement des sabots.
Le temps de présence animal idéal sur une division parcellaire est de 7 jours avec un repos moyen de 40 jours.
Cependant cet objectif devient difficile à réaliser quand la prairie est petite car il faut diviser la pâture en 7 parcelles en plus de la zone paddock pour opérer une rotation permettant le temps de repos de 40 jours.
L’alternative alors est d’ensemencer des compositions floristiques dans certains endroits de la prairie qui seront clôturés et rendus accessibles à la pâture occasionnellement.
Une prairie-pharmacie
Améliorer la biodiversité florale d’une pâture participe à son enrichissement et permet aux animaux d’absorber des métabolites qui soutiennent leur santé. La variété des systèmes racinaires valorise différents oligoéléments et améliore le sol. Par exemple ensemencer du sainfoin et du lotier corniculé dans la prairie est une excellente manière d’obtenir un meilleur rendement protéinique pour les chevaux tout en structurant son sol.
Mais avez-vous pensé à utiliser votre pâture pour soigner vos chevaux ? Faites de votre pré une source de phytothérapie utile et pratique que vos chevaux utiliseront en fonction de leurs besoins physiologiques. Ensemencez des essences florales métabolites secondaires (flavonoïdes, polyphénols, tanins) dont les vertus thérapeutiques améliorent la digestion, apaisent l’état de stress, diminuent les allergies, protègent les bronches, soutiennent le système immunitaire, …
Pour améliorer la valeur santé de vos prairies, vous devrez tenir compte du type de terrain, de l’ensoleillement et du niveau d’humidité pour ensemencer les bonnes graines au bon endroit.
La composition botanique médicinale d’une prairie
Faisons ensemble un petit tour d’horizon de certaines plantes médicinales qui peuvent apporter leurs vertus thérapeutiques à un pré de pâturage.
La bardane (Arctium lappa) soulage les problèmes de peau et les démangeaisons. Elle aime une exposition ensoleillée ou une mi-ombre légère dans un sol riche, profond et humifère.
Le pissenlit (Taraxacum officinale) est riche en vitamine C et en bêta-carotène. Les feuilles du pissenlitsont diurétiques tandis que la racine du pissenlit restaure les fonctions hépatiques et biliaires. Le pissenlit s’accommode d’un sol ordinaire, même lourd et compact. Il se plaît au soleil comme à mi-ombre.
La mélisse (Melissa officinalis) est une excellente plante digestive stimulant les sucs gastriques et apaisant les ballonnements digestifs. Plante plutôt rustique, elle apprécie une exposition ensoleillée ou à mi-ombre.
La guimauve (Althaea officinalis) et la mauve (Malva sylvestris) ont de grandes propriétés émollientes et adoucissantes pour apaiser les muqueuses stomacales et celles des poumons ce qui les rendent efficaces contre les ulcères et la toux.Elles se plaisent au soleil en sol riche et frais.
L’ortie (Urtica dioica) mérite sa place dans une pâture pour son action reminéralisante, dépurative et fortifiante sur l’organisme des chevaux. L’ortie s’invite très facilement dans tous sols riches, frais à humides, sous toutes les expositions. Il est nécessaire de la faucher et de l’étaler sur place pour qu’elle sèche afin que les chevaux puissent la manger.
La sauge (Salvia officinale) est une plante énergétique tonifiante de toutes les fonctions vitales, favorisant le bon déroulement des chaleurs chez les juments. Riche en huile essentielle, elle chasse aussi les parasites intestinaux.La sauge est facile à cultiver au soleil, dans tous types de sols tant qu’il est léger et très bien drainé.
Le chardon-Marie (Sylibum marianum) stimule la production de bile par le foie et traite les digestions difficiles. Il aime les sols riches en azote, même caillouteux, ainsi que le plein soleil en climat tempéré et sec.
L’hysope (Hyssopus officinalis) est un excellent désinfectant des voies respiratoires. L’hysope apprécie un sol bien drainé et une exposition ensoleillée.
Le souci des jardins (Calendula officinalis) est un bienfait pour le foie et les fonctions intestinales. Il pousse dans tous types de sols du moment qu’il est installé au soleil.
La camomille allemande (Matricaria recutita) agit comme un décontractant et favorise la détente psychique.Elle affectionne les terres sablonneuses et fertiles, au soleil.
Le plantain (Plantago major ou lanceolata) contre les réactions allergiques et la toux. Il se plait dans tous types de sols calcaires ensoleillés sans être trop secs.
Le mélilot officinal (Melilotus officinalis) est une plante mellifère ayant une action structurante sur le sol en plus de ses propriétés apaisantes du système nerveux sympathique qui calme les chevaux stressés et nerveux. Il apprécie une exposition ensoleillée et supporte particulièrement bien les terres calcaires.
La sarriette des montagnes (Satureja montana) assainit les intestins des chevaux par son action antiseptique. Elle pousse dans les endroits rocailleux parfaitement drainés et très ensoleillés et s’adapte assez bien aux périodes plus sèches.
L’origan (origanum vulgare) est antibactérien, antiseptique et anti-infectieux. Il assainit le tube digestif et lutte contre les infections de la sphère ORL. L’origan est une plante rustique qui affectionne les sols secs et le plein soleil.
Le romarin (Rosmarinus officinalis) tonifie les organismes et la digestion et combat les refroidissements. Il a besoin des sols arides et rocailleux, en plein soleil et redoute les hivers humides.
L’achillée millefeuille (Achillea millefolium) atténue les brûlures de l'estomac, apaise la sphère génitale et favorise le bon déroulement des chaleurs.Elle apprécie un sol pauvre, bien drainé et tolère très bien la sècheresse.
La santé est dans le pré
Parmi toutes ces espèces de plantes appréciant des terrains variés, vous trouverez celles qui correspondent au type de terrain de votre pâture.
Pensez aussi à la haie bocagère qui entoure votre pré que vous pouvez améliorer par des vivaces pleines de vertus santé comme la mélisse, le romarin, le thym, le framboisier, le cassissier, la menthe, le noisetier, l’aubépine.
Les arbres ont également toute leur place dans ces prairies-pharmacie : frêne, saule, châtaignier.
Certaines espèces comme le pissenlit, le plantain, la menthe, l’ortie, l’achillée ou encore le chardon-Marie sont très communes et poussent déjà probablement sur vos pâtures. Pour beaucoup de plantes médicinales, la classification fourragère les met dans la case médiocre et conclue que leur présence salit la pâture. Mais leur bénéfice santé les propulse en première classe.
Il va de soi que leur occupation de la pâture ne doit pas être au détriment des graminées et des légumineuses fourragères et que les plantes médicinales ont avant tout un rôle préventif et de soutien de la santé de vos équidés. Leur développement excessif peut devenir le signe d’une dégradation de l’équilibre azote/minéraux du sol.
Maintenant projetons-nous 100 ans en arrière, avant l’instauration des prairies monoculture, nous constatons que la prairie-pharmacie existait naturellement au profit des herbivores, réalisée par la Nature elle-même qui sait tout mieux que nous. Les bergers d’alors déplaçaient les troupeaux d’un pré humide et ombragé à un pré sec et ensoleillé sur une même journée pour offrir la variété botanique à leurs troupeaux. Nous voici aujourd’hui à découvrir que réensemencer les prairies apparaît comme une solution vertueuse pour restaurer une biodiversité menacée et vitaliser les élevages en quête d'une alimentation plus équilibrée.
Les chevaux habitués à une richesse botanique dans leur pâture n’auront pas de mal à prendre une bouchée par-ci, par-là, des plantes dont ils ressentent le besoin. Il apprécieront pour certaines plantes piquantes comme le chardon-Marie la phase bourgeon plutôt que la fin de floraison moins tendre.
Certains chevaux habitués au foin ou à des pâtures de ray-grass ne s’intéresseront pas forcément aux plantes médicinales fortes en goût par leurs tanins ou leurs huiles essentielles. C’est le rôle de leur humain de leur faire découvrir différents goûts et de les habituer à leur consommation en ajoutant 1 ou 2 plantes dans leur ration. Ils apprendront par l’expérience lesquelles consommer en fonction de leur besoin du moment et renoueront avec un comportement d’automédication sain.
Vous pouvez habituer votre cheval aux plantes dans sa ration avec notre synergie PHYTO GLOBALE en attendant d’obtenir une prairie-pharmacie. Cette synergie regroupe de nombreuses plantes et compléments naturels pour l'entretien général du cheval au fil des saisons. Elle maintient le cheval en état durant les périodes de repos et facilite sa reprise sportive et sa préparation à la haute saison. Son action et ses bienfaits portent sur l'appareil locomoteur, les sphères pulmonaire et hépatique, la circulation sanguine et les reins.
Sources :
Les chiffres clés des prairies et des parcours – Institut de l’élevage idele.
Le pâturage en France et en Europe : état des lieux et enjeux - C. Huyghe, A. Van den Pol-Van Dasselaar, A. Krause - l'Association Française pour la Production Fourragère.
Présentation des différentes techniques de pâturage selon les espèces herbivores utilisatrices - O. Leray, P. Doligez, J. Jost, E. Pottier, L. Delaby - l'Association Française pour la Production Fourragère.
Derniers commentaires
Merci pour ces explications Lire + Répondre
J'ai un appaloosa qui m'a fait un ulcère arrière de l'oeil. Testais lyme et Pyro. Lire + Répondre
Merci pour cet article oh com ien intéressant !! Lire + Répondre
Super intéressant et vérifié.....dans mon cas. Lire + Répondre