Les différentes substances rencontrées dans les végétaux < Retour

LES GLUCOSIDES
les glucosides phénoliques appartiennent à un groupe de substances offrant des arômes très caractéristiques. On les range à ce titre parfois parmi les substances aromatiques (dérivés salicyliques de l'écorce de saule, de l'ulmaire et des bourgeons de peuplier; arbutine et méthylarbutine des feuilles de busserole, d'airelle, de bruyère).

LES SAPONINES
Les saponines sont très communes dans les plantes médicinales. Toutes les saponines sont fortement moussantes et constituent d'excellents émulsifiants. Elles ont une autre propriété caractéristique, elles augmentent les sécrétions des muqueuses bronchiales (sont expectorantes) : fleur de molène, racine de réglisse et de saponaire. Elles sont employées comme diurétiques et désinfectantes des voies urinaires (feuille de bouleau, la célèbre racine de ginseng (Panax ginseng) originaire de Chine, de Corée et des régions extrême-orientales d'Union soviétique est également riche en saponines).

LES TANINS
Ces substances de composition chimique variable présentent un caractère commun : leur capacité à coaguler les albumines, les métaux lourds et les alcaloïdes. Elles sont hydrosolubles. Leur intérêt médicinal réside essentiellement dans leur caractère astringent : leur propriété de coaguler les albumines des muqueuses et des tissus, créant ainsi une couche de coagulation isolante et protectrice, a pour effet de réduire l'irritabilité, la douleur et d'arrêter les petits saignements. Les décoctions et les autres préparations à base de plantes riches en tanins sont employées le plus souvent en externe contre les inflammations de la cavité buccale, les hémorragies locales, sur les brûlures, les plaies, les inflammations dermiques.

LES SUBSTANCES AROMATIQUES
On groupe ici un certain nombre de substances, fréquentes dans les végétaux. De composition et d'action souvent très variable, elles peuvent accompagner dans la plante d'autres substances actives. C'est dans ce groupe que nous trouvons notamment les glucosides phénoliques, ou les dérivés du phényl-propane, telles les coumarines au parfum caractéristique. Les tiges feuillées de mélilot, l'aspérule odorante, sont riches en coumarine. Les hydroxycoumarines présentent également un intérêt pharmaceutique. L'esculine, contenue dans l'écorce du marron d'Inde a les mêmes effets que la vitamine P, elle augmente la résistance des vaisseaux sanguins et présente donc un intérêt pour les soins des hémorroïdes et des varices (comme la rutine). De plus, elle absorbe les rayons ultraviolets (filtres solaires, crèmes protectrices). L'écorce de viorne (Cortex viburni) contient également des hydroxycoumarines. L'angélique officinale contient, elle, des furocoumarines. Un deuxième groupe de substances aromatiques est constitué par les produits de condensation de molécules d'acide acétique actif (acétogénines). C'est à ce groupe qu'appartiennent les flavonoides, substances phénoliques dont la plus importante du point de vue thérapeutique est la rutine qui exerce, comme l'esculine, une action favorable sur la paroi des capillaires. La rutine est tirée de la rue, mais plus encore du sarrasin et du sophora. Les feuilles et fleurs d'aubépine, ainsi que les baies du même arbuste comptent parmi les drogues renfermant des flavonoides les plus fréquemment employées. Une autre drogue importante, tant pour la médecine populaire que pour la médecine officielle, et renfermant, à côté des substances flavonoides tout un arsenal d'autres produits, est la fleur ou la baie de sureau noir. La fleur de tilleul est un autre remède connaissant la faveur de tous. Citons aussi la tige feuillée de millepertuis, l'immortelle des sables, l'antennaire. Le chardon-Marie, qui est riche en substances importantes du groupe des flavolignanes, efficaces contre les maladies du foie et les hépatites, fait l'objet d'études particulièrement attentives depuis quelque temps. Les substances actives du chanvre, les naphtoquinones des feuilles de noyer, les composés contenus dans le droséra appartiennent également au groupe des substances aromatiques.

LES HUILES ESSENTIELLES (ESSENCES NATURELLES) ET LES TERPÈNES
Ce sont des extraits volatils et odorants que l'on extrait de certains végétaux par distillation à la vapeur d'eau, pressage ou incision des végétaux qui les contiennent. Les huiles essentielles sont des composés liquides très complexes. Elles ont des propriétés et des modes d'utilisation particuliers et ont donné naissance à une branche nouvelle de la phytothérapie : l'aromathérapie. Elles se forment dans un grand nombre de plantes comme sous-produits du métabolisme secondaire. Les végétaux sont le plus riches en essences par temps stable, chaud et ensoleillé : ce sera donc le meilleur moment pour les cueillir. Ces huiles s'accumulent d'autre part dans certains tissus au sein de cellules ou de réservoirs à essence, sous l'épiderme des poils, des glandules ou dans les espaces intercellulaires. Le contrôle microscopique de la qualité des huiles essentielles nous apprend que ces cellules sont disposées en formations caractéristiques. Au point de vue chimique, il s'agit de mélanges extrêmement complexes. Les huiles essentielles sont constituées de différents composants terpènes, esters, cétones, phénols et d'autres éléments qui ne sont pas tous encore analysés. Parmi ces constituants, certains - les terpènes ou résines - peuvent être irritants pour la peau ou les muqueuses, c'est pourquoi on utilise dans certains cas des essences déterpénées.

LES HUILES GRASSES
Il s'agit d'huiles végétales liquides à température ambiante. Le froid les trouble et les fait figer, elles sont insolubles à l'eau, mais bien solubles dans les solvants organiques (chloroforme, acétone, par exemple). Parmi les huiles non siccatives, on peut citer l'huile d'olive et l'huile d'amandes, parmi les semi-siccatives, celle d'arachide, de tournesol et de colza. L'huile de lin et d'œillette sont siccatives. L'huile de ricin est fortement laxative utile pour les chevaux en coliques d'obstruction. 

LES GLUCOQUININES (INSULINES VÉGÉTALES)
Ce sont des substances influant sur la glycémie; on les appelle également phytoinsulines. Elles sont contenues dans les végétaux suivants : sommités de galéga (Herba galegae), feuilles de myrtille. Ces plantes séchées sont employées dans les soins annexes du diabète.

LES MUCILAGES VÉGÉTAUX
Ce sont des mélanges de polysaccharides, formant en présence d'eau des systèmes colloïdaux visqueux. A l'eau froide, les mucilages gonflent en formant des gels ; à l'eau chaude ils se dissolvent en formant des solutions colloïdales qui se gélifient à nouveau en refroidissant. Dans les plantes, ces substances ont un rôle de réservoirs, surtout par leur capacité à retenir l'eau. Dans les infusions et les décoctions, les mucilages des plantes médicinales ont pour effet de réduire l'irritation tant physique que chimique. Ils exercent donc une action favorable contre les inflammations des muqueuses, notamment celles des voies respiratoires et digestives, ils atténuent les douleurs des contusions, assouplissent la peau lors d'applications de cataplasmes.

LES HORMONES VÉGÉTALES (PHYTOHORMONES)
Ce sont le plus souvent des biocatalyseurs qui agissent sur la croissance et les échanges métaboliques (biostimulants). On les trouve par exemple dans le houblon, l'anis, la sauge, le sorbier, la guimauve, la capselle, l'avoine et la carotte.

LES ANTISEPTIQUES VÉGÉTAUX
Il s'agit de substances antibiotiques produites par les végétaux supérieurs, exerçant une action antimicrobienne à large spectre, le plus souvent instables et volatiles. Elles agissent par voie interne et respiratoire. Elles existent dans l'ail, l'oignon, la moutarde, le raifort, le sureau noir, le genévrier, le pin, le plantain, etc. Leur étude continue encore de nos jours.